Arrivé à nouveau à Lima, aussitôt en possession d’une voiture, nous fuyons la capitale et sa circulation en direction du Nord, pour aller dormir dans un petit village de bord de mer bien plus tranquille. Le lendemain matin, nous nous rendons au Lomas de Lachay, milieu très particulier, où le brouillard côtier permet à la végétation de se développer, malgré le peu de pluie et le sol sableux. Ces prairies brumeuses sont peuplées de nombreux oiseaux.
Nous reprenons la route en direction d’Oyón, en faisant quelques haltes, pour acheter des fruits et nous dégourdir un peu les jambes.
Nous arrivons en fin de journée à Oyón, petite ville minière de montagne plutôt quelconque, mais qui nous apporte un repos bienvenu, malgré l’altitude (3’600m). Nous montons encore plus haut le lendemain, à plus de 4’000 mètres, pour aller nous balader au bord d’un lac entouré d’une très belle forêt de Polylepis. Nous finissons notre petit tour par une sympathique surprise: un White-cheeked Cotinga, espèce endémique assez rare.
Nous prenons ensuite la route en direction d’Ambo: une piste avec un col à plus de 4’700 mètres. Avant même de commencer l’ascension, le ton est donné : nous sommes bloqués par des travaux. Et le scénario se répète à de (très) nombreuses reprises : un ouvrier avec un panneau « PARE », une attente qui se prolonge, les voitures d’en face qui arrivent, puis c’est finalement à notre tour de passer. Après une première série de travaux, nous nous croyons en dehors de la gonfle, mais que nenni ! Le pire est à venir. Des petites attentes de quelques minutes, nous passons à des attentes de plus de 30 min, puis à plus d’une heure. Les bruits d’explosifs nous font comprendre la cause de notre attente : ils font sautés des pans entiers de parois, qui viennent s’écraser sur la route. Il faut alors tout déblayer, et ça prend beaucoup de temps. D’autant plus quand l’efficacité n’est pas optimale (forcément, du point de vue de ceux qui attendent, elle ne l’est jamais). Heureusement, nous avons les magnifiques paysages et les fruits pour nous faire garder notre calme et notre patience. De la patience, nous en avons besoin, puisqu’il nous faudra au total 6 heures pour réaliser les 60 kilomètres… C’est donc de nuit que nous arrivons à la prochaine ville où il est possible de trouver un hôtel pour enfin dormir.
En route vers Huánuco, nous faisons une brève escale dans les milieux arides à proximité d’Ambo pour chercher le Rufous-backed Inca-finch.
Nous restons trois nuits de plus dans la région (à proximité du « Carpish tunnel »), très peu touristique mais qui a beaucoup de trésors naturels à offrir. Nous nous baladons ainsi dans les magnifiques cloud forests de l’autre côté du tunnel, notamment le long du Paty trail. De « notre » côté du tunnel, nous profitons des non-moins magnifiques forêts de montagnes (elfin forests), où lichens et mousses sont rois, même si nous ne réussissons pas à accéder au fameux Bosque Unchog à cause des pluies torrentielles des derniers jours.
Après ce court séjour, nous repartons en direction de Lima, en faisant halte au fameux lac Junín.
Nous traversons ensuite le Col Ticlio, qui culmine à 4’818 mètres d’altitude.
Sur la descente, nous faisons le détour par le marais de Marcopomacocha, où nous voyons le fameux Diademed Sandpiper-plover, limicole mythique vivant en générale en dessus de 4’000 mètres, ainsi que l’Olivaceous Thornbill. Nous continuons un bout dans ces paysages époustouflants, peuplés uniquement par des adorables Alpagas et Lamas !
La dernière étape de notre voyage nous emmène sur une route digne de « Les Routes de l’Impossible », dans la Vallée de Santa Eulalia. Malgré le vertige, nous nous baladons dans ces milieux buissonnants à la recherche notamment du rarissime Rufous-breasted Warbling-finch. A peine sorti de la voiture, et hop, le voilà dans les jumelles!
On arrive ensuite finalement à Lima, où l’on décide de passer quelques jours à la Punta, dans une ambiance balnéaire qui est idéale pour nous reposer de toutes ces aventures ! 😊






























